VESTIGES

sculpture - installation 

 

   Mues retrace le parcours d’une femme en noir et blanc, aspirĂ©e par le dĂ©sir horizontal d’un homme sans visage. L’homme capture cette silhouette sauvage Ă  l’aide d’une corde enchantĂ©e. Mais, de mĂȘme que l’assoiffĂ© se noie dans le puit, l’homme, au moment de rĂ©vĂ©ler son identitĂ© dans un retournement orphique, se rendra compte qu’il s’est nouĂ© dans son dĂ©sir, tel l’insecte pris dans la toile.

 

   Les sculptures prĂ©sentĂ©es ici sont les mues de ce dĂ©sir, les empreintes d’une danse de femme, d’une femme qu’un homme appelle, d’une femme qui a Ă©tĂ©, d’une femme en noir et blanc. Chaque sculpture, intitulĂ©e d’un nom de corde de la lyre antique, se dresse Ă  la maniĂšre d’un serpent charmĂ© qui ne s’enroule que sur lui-mĂȘme.

 

 

AprĂšs « Mues Â», Ruines constitue une seconde tentative d’appel du dĂ©sir dans le creux des souvenirs.

On y raconte la construction d’un temple, rĂ©alisĂ©e par un homme, Ă  l’effigie d’une femme. L’homme ne tente pas d’attraper l’objet de son dĂ©sir mais simplement l’attire, posant un chemin de bois qui, se dressant Ă  la verticale s’offre en support Ă  la femme et Ă©pouse son corps, la soutient tel un socle, l’élĂšve comme les colonnes d’un temple.

De mĂȘme que le vase contient l’eau, la construction de bois limite la femme dans son mouvement, mouvement qui Ă  son tour dĂ©limite et donne sa forme au bois.

L’homme, assoiffĂ©, enlĂšvera la femme, laissant le temple se consumer, en proie Ă  l’érosion et Ă  l’oubli.

 

   L'installation prĂ©sentĂ©e ici correspond aux ruines de ce temple, Ă  travers lesquelles, comme en traversant les vestiges d’un pĂ©ristyle, on devine encore la prĂ©sence d’une Ăąme qui habitait autrefois ces colonnes.